Conférence N. Hamad - L Adoption et l image du corps-1 Conférence : "L'adoption et l'image du corps", Nazir Hamad et Hélène Charbonnier, 10 mai 2016
Conférence : « L’adoption et l’image du corps », Nazir Hamad et Hélène Charbonnier, 10 mai 2016
Posté par CNA le 28 avril 2016 dans Adoption en questions

 

Mardi 10 mai 2016, à 21h

 

logo EPHEP

 

 

 

 

25 rue de Lille, 75007 Paris

 

« Adoption et image du corps »

Intervention auprès de Nazir Hamad

Hélène Charbonnier, Racines coréennes / Conseil national des adoptés

et Soo-Nam Mabille, psychanalyste.

Entrée avec participation de 10 euros

Info sur : http://ephep.com/fr/jour-EPhEP/2016-05-10

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« Présentation du Groupe de recherche

Suite à la présentation du livre de Charles Melman et Nazir Hamad, J’ai même rencontré des adoptions heureuses (éd. Odile Jacob, 2014), le mercredi 11 janvier 2015, nous avons décidé, dans le cadre de l’EPhEP, de lancer un Centre de formation et de recherche s’intéressant à la question de l’adoption et de la filiation.

Si on prend en compte l’évolution de notre société actuelle, il est en effet de plus en plus évident que la question de l’adoption ne s’arrête plus à la démarche classique faite par un couple ou une personne seule pour accueillir et adopter un enfant.

Trois points résument à eux seuls la nature de cette évolution :

1- L’instabilité des couples et la fréquence accrue des séparations que connaissent une femme et un homme au cours de leur vie amoureuse les confrontent à la nécessité d’intégrer de nouveaux enfants dans leur vie de couple et à prendre en charge leur éducation. Nous savons que les cas de divorce augmentent de manière constante année après année. Un examen rapide des dernières données statistiques, fournies par l’INSEE en 2011, révèle qu’entre 1979 et 2009, c’est-à-dire sur une période de trente ans, les cas de divorce ont quasiment doublé passant de 14 à 26 pourcent au bout de cinq ans de mariage. Ces chiffrent n’incluent pas les couples non-mariés dont le nombre reste difficile à évaluer ici. Mais il est possible d’en avoir une idée si l’on prend en compte les autres chiffres de l’INSEE.

On constate aussi une augmentation considérable du nombre d’hommes et de femmes célibataires ou vivant seuls. Ils représentaient 28,6 pourcent pour les hommes et 21,8 pourcent pour les femmes de plus de 15 ans en 1975. En 2009, ils ont atteint le chiffre de 40,9 pour les hommes et 33,8 pour les femmes.

2- Beaucoup de personnes seules se retrouvent candidates à l’adoption. Elles sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses, et représentent dans une ville comme Paris, un bon tiers des candidats. De ce fait, le désir d’enfant se désexualise.

3- L’adoption apparaît de plus en plus comme un observatoire de l’évolution sociale qui ne cesse de bousculer nos repères ancestraux et nous oblige à repenser nos valeurs et nos croyances. L’adoption est le point de convergence de nombreuses demandes émanant de personnes en mal d’enfants. 

Problématique du Groupe de recherche

Comment répondre à des demandes alors que le corps social n’est pas encore prêt à les assumer ? Sur quels critères les équipes qui accueillent les candidats à l’adoption s’appuient-elles alors que le débat sur l’adoption par les personnes seules, les couples homosexuels et le mariage pour tous fait rage et suscite divisions et passions ? Comment garder à l’esprit que toute demande implique une personne ou un couple et non pas un groupe ou une catégorie sociale ? Affirmer cela ne nous tire pas pour autant d’embarras. Car, par exemple, une fois une demande d’une personne homosexuelle acceptée, on aura pris position en faveur de l’adoption par des homosexuels, alors même que le débat reste encore houleux et divise l’opinion publique. Accepter ou refuser une démarche ne répond pas pour autant à la nature du malaise qui conduit chaque candidat à l’adoption. Ce malaise est-il inhérent au manque d’enfant ou est-ce justement ce malaise qui cause l’absence d’enfant ? Autrement dit, comment concilier l’idée de choisir de vivre une sexualité stérile tout en faisant de l’enfant une revendication légitime ?

Quand le droit à l’enfant vient renforcer le refus de chacun de se reconnaître dans les conséquences de ses choix, il devient clair que la fonction d’un tel droit ne fait que pousser chacun à récuser tout malaise inhérent à la question de sa division subjective. L’approche de l’enfant et la filiation ne s’inscrit plus dans les schémas classiques qui faisaient du mariage et de la famille la référence incontournable de la filiation. L’expérience nous apprend que la clinique de l’adoption est aussi la clinique de la filiation.

Il s’agit pour nous, dans le cadre de ce groupe de recherche et de formation, de donner à cette expérience un champ qui nous permette d’identifier ces impasses, de les décrire et d’en faire une formulation clinique et théorique qui permette aux parents comme aux professionnels d’y trouver des repères qui leur manquent tant.

Nous proposerons une série de conférences, cinq par an, qui seront tenues dans les locaux de l’EPhEP, où médecins, psychanalystes, chercheurs, universitaires, ainsi que les associations des parents et des adoptés viendront exposer leurs questions ainsi que leurs préoccupations dans leur approche de l’enfant et de sa famille. » 

Paris, le 3 septembre 2015
Nazir Hamad, Psychologue, Psychanalyste

 

Groupe de formation et de recherche :
Martine Lerude, Psychiatre, Psychanalyste (ALI)
Thierry Roth, Psychologue, Psychanalyste (ALI)
Hélène Charbonnier, Présidente du Conseil national des adoptés et Présidente d’honneur de Racines coréennes
Hélène Laffitte, Secrétaire générale de Racines Coréennes
Nazir Hamad, Psychologue, Psychanalyste (ALI)
Marc Lasserre, Président du Mouvement Adoption sans Frontières (MASF)
Marika Bergès-Bounes, Psychologue, Psychanalyste, présidente de l’EPEP-ALI
Dominique Rosset, Psychiatre
Mylone Rouanne, Enfance Familles d’Adoption (EFA)